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Passoires thermiques : combien dans votre commune de l'Hérault ?

Guillaume Pons · · Mis à jour le 15 septembre 2026
Guillaume Pons devant un grand écran affichant la page « Votre bien est en classe F » du rapport interactif

2,2 %. Sur les 276 095 diagnostics de performance énergétique enregistrés depuis juillet 2021 dans les 119 communes de ma zone d’intervention (Hérault, Gard, Aude), 6 021 sont classés F ou G — les passoires thermiques au sens de la loi. En ajoutant les E, la prochaine marche du calendrier, on arrive à 9,6 %. C’est quatre à cinq fois moins que les estimations nationales, qui situaient les passoires autour de 15 % des résidences principales en 2023. Chiffres de l’observatoire DPE-Audit de l’ADEME, relevés commune par commune le 1er septembre 2026.

Cet article donne ces chiffres pour les communes qui comptent, explique pourquoi le Languedoc est si loin de la moyenne nationale, et dit ce que le pourcentage ne dit pas. Pour ce qu’un F ou un G change concrètement à la location, voyez le calendrier 2025-2034 ; pour la classe E, DPE classe E : que faire ?.

Les grandes villes : entre 1 et 3 %

CommuneDPE depuis 2021F et GE, F et GA et B
Montpellier86 4292,5 %11,3 %16 %
Béziers27 4622,9 %12,4 %16 %
Narbonne18 8231,7 %7,5 %23 %
Sète15 7402,0 %9,4 %19 %
Castelnau-le-Lez7 2331,0 %3,6 %36 %
Bagnols-sur-Cèze6 1761,5 %8,9 %9 %
Frontignan5 3701,3 %6,5 %18 %
La Grande-Motte5 3393,8 %13,9 %8 %
Le Grau-du-Roi5 1412,2 %12,6 %8 %
Lunel4 8271,6 %8,4 %17 %

Montpellier, avec ses 86 000 DPE, donne la mesure la plus solide : 2,5 % de F et G, 11,3 % en comptant les E. C’est le centre ancien qui les porte — l’Écusson, les faubourgs — et les grands ensembles des années 1960-1970 chauffés à l’électricité. Béziers est un peu au-dessus, avec le centre ancien le plus dégradé de la zone. Castelnau-le-Lez, à l’inverse, est la grande commune la mieux classée : 1 % de passoires et 36 % de A et B, l’effet des programmes neufs qui ont doublé son parc d’appartements en cinq ans.

Deux stations balnéaires se distinguent dans le mauvais sens. La Grande-Motte et Le Grau-du-Roi ont 8 % de A et B seulement et 13 à 14 % de E, F et G : des copropriétés des années 1965-1990, convecteurs et baies d’origine, où le DPE conditionne désormais la location saisonnière comme à l’année. C’est là que la classe pèse le plus sur le marché.

Où les passoires sont les plus nombreuses

En ne retenant que les communes où l’échantillon est significatif — au moins 300 DPE —, les taux les plus élevés de la zone sont dans les villages anciens et les bourgs viticoles, pas dans les villes :

CommuneDPE depuis 2021F et GE, F et G
Aubais (Gard)3694,3 %14,6 %
Sommières (Gard)1 6464,2 %13,4 %
Castries9633,9 %10,6 %
Montbazin4103,9 %14,4 %
Aniane4743,8 %16,9 %
La Grande-Motte5 3393,8 %13,9 %
Montagnac9213,5 %14,0 %
Pézenas3 4933,2 %12,4 %
Mèze2 8373,1 %15,8 %

Le point commun est le bâti : centres médiévaux en pierre, maisons vigneronnes avec la remise non isolée sous le logement, menuiseries d’origine. Sommières et Pézenas ajoutent le secteur sauvegardé, qui interdit l’isolation par l’extérieur et contraint les fenêtres. Aniane a le taux de E, F et G le plus élevé de la vallée de l’Hérault, 17 %, pour un parc d’ancienne ville abbatiale à trois niveaux. Sur ces maisons, la méthode de calcul pénalise les murs épais dont on ne peut pas justifier l’isolation — c’est le sujet de pourquoi deux DPE donnent des notes différentes —, et les factures de travaux changent souvent la classe.

Dans les très petits parcs, les taux montent plus haut encore mais ne veulent plus dire grand-chose : Saint-Guilhem-le-Désert affiche 13 % de F et G, soit 6 logements sur 46 DPE — un village classé où l’isolation par l’extérieur est impossible et où la location saisonnière fait vivre 40 % du parc. Le Triadou, Assas, Saint-Geniès-des-Mourgues sont entre 6 et 7 %, sur des maisons de garrigue des années 1970 chauffées à l’électricité.

Où elles sont presque absentes

La couronne de Montpellier est à l’autre bout de l’échelle :

CommuneDPE depuis 2021F et GA et B
Baillargues1 7320,3 %24 %
Saint-Mathieu-de-Tréviers9180,3 %17 %
Grabels1 7810,5 %26 %
Prades-le-Lez7770,5 %30 %
Juvignac2 8290,6 %46 %
Jacou1 0010,6 %27 %
Saint-Jean-de-Védas2 1660,7 %39 %

Juvignac est la commune la mieux classée de la zone parmi celles qui ont un parc conséquent : 46 % de A et B, 0,6 % de F et G, l’effet des ZAC livrées après 2010 qui ont doublé la population en trente ans. Baillargues et Saint-Mathieu-de-Tréviers sont à 3 F ou G sur plus de 900 DPE. À Prades-le-Lez, 4 logements en F, aucun en G, sur 777 : les maisons des années 1970-1990 y ont été rénovées à la revente, et un DPE D s’y justifie ligne par ligne.

Le DPE de votre commune, et le vôtre

Les pages DPE existant de ce site donnent, pour 119 communes, la distribution des classes et les derniers diagnostics enregistrés — et cherchent le DPE de votre adresse dans la base ADEME. Devis en ligne pour un DPE neuf, activité dès mars 2027.

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Pourquoi le Languedoc est si loin de la moyenne nationale

Le premier facteur est le climat, et il est inscrit dans la méthode de calcul. L’Hérault, le Gard et l’Aude sont en zone climatique H3, la plus chaude des huit zones de la méthode 3CL, celle où les besoins de chauffage sont les plus faibles et la couverture solaire la meilleure. À bâti et à chauffage identiques, une maison sort une classe plus haut ici qu’en Lorraine ou en Auvergne : ce n’est pas que le bâti est meilleur, c’est que l’hiver est plus court. Le revers existe — la méthode compte le refroidissement, et les logements exposés sans protection solaire le paient —, mais il pèse moins que le chauffage dans la note.

Le deuxième facteur est l’âge du parc. La couronne de Montpellier s’est construite après 1970, et une large part après 2000 : Juvignac, Castelnau-le-Lez, Le Crès, Saint-Gély-du-Fesc, Saint-Jean-de-Védas, Baillargues ont doublé leur population avec des logements soumis aux réglementations thermiques successives. Un parc jeune n’a pas de passoires. Les taux élevés sont là où le parc est ancien — les centres médiévaux, les stations balnéaires des années 1960-1980 —, et c’est exactement ce que les tableaux montrent.

Le troisième facteur tient à l’échantillon, et il vaut pour toute la France. Les DPE enregistrés depuis 2021 sont ceux des logements qui ont fait l’objet d’une vente ou d’une mise en location, pas un recensement. Un propriétaire qui rénove avant de vendre fait refaire son DPE après travaux ; un logement G retiré de la location depuis 2025 n’a plus de DPE récent. La base est biaisée vers le parc qui bouge, et le parc qui bouge est plus rénové que le parc qui dort. La part réelle de passoires dans l’ensemble des logements est sans doute plus élevée que 2,2 % — mais elle l’est aussi au niveau national, et l’écart avec le reste de la France, lui, tient.

Ce que le pourcentage ne dit pas

Le taux de la commune ne dit rien du logement. C’est la même limite que pour le potentiel radon ou le zonage sismique : une donnée communale informe sur le parc, pas sur le bien. Une maison des années 1970 à Juvignac peut être en F au milieu d’une commune à 0,6 %, et un appartement rénové de l’Écusson en C au milieu des passoires. Le seul chiffre qui compte pour une vente est celui du DPE du bien, et depuis juillet 2021 il est opposable — voyez comment vérifier qu’un DPE est authentique.

Le taux dit en revanche quelque chose du marché local. Là où les passoires sont nombreuses — Sommières, Pézenas, Mèze, les stations balnéaires —, le DPE est devenu un argument de négociation systématique, et les acquéreurs y arrivent avec un chiffrage de travaux. Là où elles sont rares, un F se remarque, se justifie ligne par ligne, et se vend avec une remise nette. Dans les deux cas, la lettre fait le prix ; elle ne fait pas la vente.

Enfin, le taux bouge. La méthode a changé pour les petites surfaces en juillet 2024 — votre studio F ou G a peut-être changé de classe —, le facteur de conversion de l’électricité a baissé au 1er janvier 2026, et chaque rénovation retire un logement de la colonne F. Les chiffres de cet article sont ceux du 1er septembre 2026 ; les pages communes du site sont rafraîchies à chaque nouveau relevé, avec la date.

Ce qu’il faut retenir

Les pages DPE existant de Pons DPI donnent ces chiffres pour chacune des 119 communes, avec la distribution complète des classes et les derniers diagnostics enregistrés dans la base ADEME.

Questions fréquentes

Pourquoi si peu de passoires thermiques dans l'Hérault par rapport au reste de la France ? +

Trois raisons. Le climat d'abord : l'Hérault, le Gard et l'Aude sont en zone H3, la plus chaude de la méthode de calcul, celle où les besoins de chauffage sont les plus faibles — à bâti égal, la même maison sort une classe plus haut qu'en Lorraine. Le parc ensuite, jeune dans la couronne de Montpellier, où une grande part des logements date d'après 2000. L'échantillon enfin : les DPE enregistrés depuis 2021 sont ceux des logements vendus ou loués, souvent rénovés avant, pas l'ensemble du parc.

Ces chiffres couvrent-ils tous les logements de la commune ? +

Non. L'observatoire de l'ADEME recense les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 — date de la méthode actuelle —, c'est-à-dire les logements qui ont fait l'objet d'une vente, d'une mise en location ou d'une démarche volontaire. À Montpellier, 86 429 DPE pour environ 175 000 logements : la moitié du parc. Dans un village, quelques dizaines. Les pourcentages décrivent le parc qui bouge, pas le parc entier ; et plus la commune est petite, plus le chiffre est fragile.

Un DPE F ou G empêche-t-il de vendre ? +

Non, et aucun texte ne l'envisage. Il empêche de louer — les G depuis le 1er janvier 2025, les F à partir du 1er janvier 2028 — et il impose un audit énergétique à la vente d'une maison individuelle ou d'un immeuble en monopropriété. À la vente, le F ou le G se traduit en négociation : l'acquéreur chiffre les travaux et les déduit. La lettre ne bloque pas la transaction, elle en fixe le prix.

La classe E compte-t-elle comme passoire thermique ? +

Pas au sens de la loi. Les passoires thermiques sont les logements classés F et G. La classe E est la marche suivante du calendrier : interdiction de louer à partir du 1er janvier 2034. C'est pourquoi les tableaux donnent aussi la part des E, F et G réunis — 9,6 % sur la zone — qui est la vraie mesure de ce qui devra être rénové dans les dix ans.

Où trouver le DPE d'un logement précis ? +

Sur l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME, par adresse, ou à partir du numéro à treize chiffres porté par tout DPE établi depuis juillet 2021. Les pages DPE existant de ce site interrogent la même base pour chaque commune couverte et affichent les derniers diagnostics enregistrés. Un DPE qui n'y figure pas n'est pas opposable.

D'où viennent les chiffres de cet article ? +

De l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME, base des DPE logements existants, interrogée commune par commune par code INSEE et figée le 1er septembre 2026 pour les 119 communes couvertes par ce site. Les pourcentages sont calculés sur les DPE enregistrés depuis le 1er juillet 2021. Les pages communes et les pages DPE existant portent les mêmes chiffres, avec la date du relevé.